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Perspective 2020: Et si le Bitcoin était accepté comme nouvelle devise...

« Bitcoin accepted here », peut-on lire fièrement exposée à l’entrée de la clinique finnoise Meidan comme un trophée, celle d’être un pionnier.

Depuis l’origine, les monnaies se dématérialisent passant de main en main. Des pièces métalliques émises par les Princes à une monnaie scripturale émise par les banques, la monnaie est l’actif liquide par excellence puisqu’elle représente un pouvoir d’achat immédiat. Créance de son détenteur sur son émetteur, elle est la contrepartie des échanges et le support du financement de l’économie. Elle a permis de fluidifier les échanges et, par les crédits, a financée les investissements, au niveau national comme international. Sa valeur dépend de son aptitude à permettre l’intermédiation des échanges, à être un instrument de réserve des valeurs dans le temps, un étalon de mesure des valeurs et des prix relatifs et un moyen d’accumulation.

Dans un monde globalisé et dominé par un duopole monétaire « Dollar-Euro » au niveau du système monétaire international (SMI), une monnaie se démarque par sa nature : le Bitcoin (Btc), aussi appelé la « e-monnaie ».

Longtemps marginalisée, le Bitcoin a gagné en stabilité depuis son émergence en 2009, grâce à un nombre florissant d’utilisateur. Ce qui lui a donné, après avoir été nommé comme la monnaie de référence du système de paiement Paypal en 2018, d’accroitre la confiance sur son utilisation. Le corolaire direct, à la lumière de 2020, a été l’adoption de cette monnaie dans le système du e-commerce ce qui de facto a résolue le problème de confiance de paiement sur Internet, dernière asymétrie dommageable au e-commerce.

Or, malgré le gain relatif en stabilité interne de la monnaie, son instabilité externe est présente. A l’image des monnaies dites « conventionnelles », son taux de change est flottant. Mais elle est décentralisée et n’a pas d’entrave de la part d’une institution. Ceci explique la forte volatilité qui a pu être observable conduisant au « Krash d’avril 2013» faisant perdre près de 80% de sa valeur à l’unité monétaire du système de paiement Btc. Le SMI est marqué par cette instabilité externe, celle des taux de change, qui caractérise les relations entre des monnaies qui flottent les unes par rapport aux autres. Il convient de souligner que cette perte de valeur est courante lors de la création d’une nouvelle monnaie puisque l’euro a souffert d’une perte de 30% après sa création.

Il s’accommode dans ce sens d’observer que le Bitcoin favorise la concurrence pure et parfaite et ces implications économiques. C’est dans cette optique, après avoir déterminer que le système Btc est un facteur de confiance et de bien être social, d’apporter une vision des apports de cette nouvelle devise sur ce nouveau écosystème.

De nombreuses études montrent qu’il existait durant la première décennie du XXIème, lors de l’avènement du commerce électronique, un réel problème de confiance sur internet qui freinait inévitablement le développement du e-commerce. Il convient dans cette optique de définir le commerce électronique comme les activités commerciales au sein de l’écosystème numérique, c'est-à-dire lié à Internet. En particulier, la confiance des consommateurs était mise à mal par une crainte de vol de leur numéro de carte bancaire liée à une asymétrie d’information comme le soulignait Bounie et Bourreau en 2004. 67% des internautes évoquaient la sécurité des modes de paiements comme une réticence à l’achat sur internet en 2001, d’après une étude du CREDOC/Raffour Interactif. Il était alors d’actualité de résoudre ce problème par le renforcement de sécurité des systèmes de paiements en ligne. L’introduction du nouveau concept de monnaie électronique a permis d’apporter une solution moins couteuse et tout aussi fiable qui a réellement révolutionné le comportement d’achat des consommateurs.

Dès 2009, le commerce électronique voit apparaitre un nouveau système de paiement en ligne qui malgré des débuts difficiles, avec un cours erratiques et un manque de popularité, s’impose incontestablement aujourd’hui en 2020 en matière de règlement des échanges sur internet. Il s’agit évidemment du système Btc attribué au pseudonyme « Satoshi Nakamoto » dont l’identité est encore inconnue. Ce système a permis de résoudre le problème de confiance qui constituait un véritable frein au développement du commerce électronique. Il a également permis de réduire les coûts de transaction liés aux commissions des intermédiaires financiers qui dominaient jusque là les échanges en ligne. Effectivement, en offrant trois types de sécurité, deux sur la sécurité des paiements et des données confidentielles et une sur l’intégrité globale du système, le système Btc est devenu en l’espace de dix ans la référence du paiement en ligne.

Ce système de paiement protège la confidentialité des participants grâce à un système complexe d’anonymat à l’image d’un marché de gré à gré (OTC). Il faut souligner que la critique la plus pertinente de l’usage de la monnaie électronique émise par Aglietta en 2002 portait sur l’impossibilité qu’un système de paiement via monnaie électronique remplace la monnaie centrale de manière durable puisqu’une contradiction prévalait : le système le plus sûr était celui où il était très difficile d’accéder aux coordonnées bancaires d’un utilisateur mais cela impliquait alors de ne pas pouvoir rechercher les auteurs du vol en cas de délit. Cette contradiction fut résolue par le système Btc puisqu’il supprima presque toute chance aux voleurs de commettre une fraude. Ceci étant le corolaire de la complexité du système de cryptage permettant une double vérification par système de « Push ».

L’intégrité du système global est protégée par la sécurité de chainage. La sécurité de chainage empêche la création de fausse monnaie. Chaque unité de monnaie supplémentaire crée étant liée à unité de monnaie préexistante, ceci signifie qu’il ne peut pas y avoir de monnaie crée ex nihilo. Le système Btc a instauré la confiance des internautes dans le système de paiement du e-commerce.

Le second avantage de l’instauration d’un tel système a été de réduire considérablement les coûts de transaction liés aux commissions des intermédiaires financiers. En effet, même si à l’époque, les entreprises comme Paypal se targuaient de règlement Peer to Peer (P2P), elles faisaient en réalité des règlements client to client. On parle de système 4 coins d’après NOIZAT, c’est à dire que l’argent du consommateur A lorsqu’il achetait en ligne à l’entreprise B, transitait d’abord par sa banque, appelons la, la banque A, puis était viré sur un compte de la banque B chez qui l’entreprise B était cliente. Au final, l’argent passait par deux établissements financiers et deux agents économiques, soit 4 coins. On parle de système 3 coins lorsque les deux agents économiques sont clients de la même banque. Le système Bitcoin est révolutionnaire dans le sens où il permet un échange 2 coins, la monnaie transite d’un agent à l’autre sans aucun intermédiaire. Le coût d’intermédiation, dans les systèmes 3 et 4 coins, représentait en 2013 environ 16 milliards de dollars aux Etats Unis. Aujourd’hui, elle n’est plus que de l’ordre de 7 milliards de dollars grâce au développement du système Btc.

Le développement exponentiel du commerce électronique permis par la sécurisation des échanges en ligne et la diminution considérable des coûts de transaction due à la suppression des intermédiaires financiers, ont eu des conséquences majeures en matière de bien être social.

Le commerce électronique est le type de commerce qui dès le début du 21ème siècle se rapprochait le plus d’un marché de concurrence pure et parfaite (CPP), comme cela est démontrée dans la théorie du « clic ». Il prévalait le problème de confiance des e-consommateurs dans les paiements qui avait pour conséquence la concentration du marché. En effet, le caractère institutionnel des sites de ventes en ligne était très important dans la décision d’achat et les sites comme Amazon, Google ou la Fnac jouissaient vis-à-vis de leurs concurrents d’un certain pouvoir de marché. La preuve en est la mise en place de stratégies de discrimination dite « parfaite » comme la soulignée Ulph et Vulkan en 2000 et le développement du marketing « personnalisé ». La mise en place du système Btc a permis en dépassant le problème de confiance des internautes de rendre le commerce électronique le plus concurrentiel possible. Et si on ajoute à cela la diminution considérable des coûts de transaction et le développement des sites de comparaison « rapide » qui ont permis d’accroitre l’efficience sur internet, les hypothèses du modèle de CPP ont pu être vérifiées. C’est pour cela qu’on a pu observer une diminution des prix et par la même la maximisation du bien-être social. Ce qui conduit de nos jours à une situation Pareto-optimale dans l’écosystème d’internet.

Le Bitcoin est l’auteur d’une véritable révolution au niveau du e-commerce. En permettant de remplir les dernières hypothèses de CPP, le système Btc et son unité monétaire a révolutionné de nombreux secteurs jusqu’à là réticent à cette nouvelle approche. De base, Internet permet de fournir la place d’un marché idéale au sens de L.Walras, puisqu’une multitude d’offreurs et une pléthore de demandeurs se confrontent librement, en toute fluidité et en toute transparence.

Le système 2 coins du Btc permet de remplir cette condition. Son développement par le nombre croissant d’utilisateur a permis de rendre ce système stable résolvant les soucis de la jeune monnaie lors de sa création en 2009. En effet, elle souffrait d’une forte volatilité due à un comportement purement spéculative de la part de ses premiers utilisateurs. Cela à conduit, nonobstant, à sa démocratisation grâce à une forte médiatisation au cours des années 2013-2014 après le « Krash d’avril 2013 » jusqu’à son adoption par le système Paypal qui a permis une crédibilisation de cette monnaie comme unité de compte. Le nombre croissant d’utilisateur et le nombre défini d’offre de monnaie instauré lors de sa création a garantis in fine à sa stabilité interne.

D’ailleurs, on assiste à une acceptation grandissante comme nouvelle devise et nouveau système de transaction par de nombreux établissements de l’économie réelle. C’est le cas de la célèbre clinique finnoise Meidan et dans de nombreux hypermarchés locaux qui acceptent les paiements par système Btc depuis le développement du paiement « Push » par smartphone qui a permit de rendre possible son utilisation, hors de l’écosystème d’Internet, comme un instrument de transaction.

Le bitcoin n’est pas un actif financier ordinaire, puisqu’il est un instrument monétaire se stabilisant grâce aux nouveaux entrants. La taille de son réseau est un facteur clé pour que la sécurité du réseau soit assurée. Cette unité a pu remplir sa fonction de monnaie et de facto obtenir une plus grande confiance. De plus, le bitcoin n’étant pas attribué au SMI conventionnel et n’étant régulé par aucun intermédiaire à ce jour tel qu’une banque centrale, il est une réelle échappatoire au SMI actuel. A l’image qu’était l’or durant la grande période de l’étalon-or, cette unité permet de sortir du SMI, ce qui lui permet d’obtenir les attribues d’une valeur refuge.

Effectivement, le bitcoin possède les caractéristiques intéressantes d’être à la fois décentralisée, transférable instantanément et à coût faible voir nul permettant à ses adhérents une libre-circulation sans entrave à l’entrée et à la sortie du marché de change de cette devise. Ces caractéristiques donnent à cette monnaie une instabilité externe, à l’image des autres devises flottantes du SMI.

Le raz-de-marée du e-commerce a eu lieu. L’écosystème associé à la Toile a prit une place prépondérante dans notre économie moderne. De nombreux secteurs, comme le tourisme, la librairie, la grande distribution ou encore les services bancaire, ont été bouleversés par l’apport de cette nouvelle économie qui devient de jour en jour plus mature. Au sein du secteur du tourisme, les ventes sur Internet qui représentaient près de 40% du chiffre d’affaire aux Etats-Unis en 2007, représentent actuellement près de 70% en 2020, grâce au gain de confiance accordé au système de paiement Btc et à la diminution des coûts de transaction. En effet, l’efficience offerte par Internet grâce à la comparaison immédiate a conduit à une redéfinition des stratégies des firmes de certains secteurs. C’est le cas des agences de voyages traditionnelles qui ont du faire évoluer leurs offres vers un segment du luxe puisque ne pouvant plus faire face aux agences dites de « pure players », tel qu’Opodo ou Lastminute sur le segment du Low cost.

Bien plus qu’un complément, cette économie virtuelle offre une réelle substitution à l’économie réelle. Ce phénomène est la principale conséquence des comportements d’exacerbation des marchés induit par le change flottant pur qui permet au système un ajustement plus rapide aux chocs externes.

L’utilisation de cette monnaie a permis le développement d’acteur « pure players » dans de nombreux secteurs jusqu’à récemment faiblement atteint par ce nouveau type de concurrence. Ce fut le cas de la grande distribution ou de la librairie qui grâce à une logistique très lourde en aval avait réussi à mettre des entraves au développement du e-commerce dans leurs secteurs.

Le système de paiement Bitcoin et son unité monétaire ont favorisés la concurrence pure et parfaite dans l’écosystème numérique. Cette révolution a bouleversé le système monétaire international dominé par un oligopole de banque centrale régulant l’offre de monnaie des diverses devises flottantes « conventionnelles ». Exacerbant les comportements de marché par son caractère de change flottant pur et remettant en cause tous les fondements de l’économie réelle, ce nouveau système décentralisé se présente telle une issue pour la plupart des pays en développement au système monétaire internationale. C’est le cas des pays du BRISAM (Brésil, Russie, Inde, Afrique du Sud et Mexique) qui augmentent leurs réserves en bitcoin pour sortir d’un SMI dominé par le duopole « Dollar-Euro ». A l’image de Laurence E. Fritsch, il est important de dire qu’à l’aube de cette nouvelle décenie, « dans tous les cas, le jour qui se lève est l’aube d’un nouveau pas sur le chemin de l’évolution et de la croissance».

Tag(s) : #Perspective 2020

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